La suite d’une traversée

25 mai 2022

3 jours à Gibraltar 🇬🇮 

J’ai eu le sommeil agité cette nuit. En fait, l’anticipation à reprendre la mer mêlée avec l’angoisse de la manœuvre nécessaire pour quitter mon quai ont alimentés mon insomnie. Je croyais pouvoir avoir un technicien à Gibraltar qui vienne poser un diagnostic sur l’origine de mes pannes de transmission moteur. Après de nombreux courriels, j’ai appris que le technicien ne voulait pas traverser la frontière car c’était trop compliqué pour lui de déclarer l’inventaire complet des biens de son camion. 

Comme souvent dans ma vie, je réalise que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. J’ai donc consacré une journée complète de nos trois jours à l’escale pour mieux comprendre cette pieuvre électronique qui envahi chaque composante de mon moteur. Je vous épargne les détails, mais j’ai isolé le problème à un capteur d’angle situé dans l’embase du pied de transmission. Évidemment, cette pièce est impossible à obtenir autrement que directement par ZF en Italie. J’ai trouvé un agent qui m’a promis de m’en commander un, ce qui a fixé le lieu de ma prochaine escale: ce sera Palma de Mallorca, aux îles Baléares. C’est un des centres nautiques les plus importants en Méditerranée et on trouve des gens compétents pour tous les travaux. J’y ai même trouvé une tête de pompe qui me permettra de redémarrer notre générateur d’eau potable. (Watermaker)

Avec le ménage, l’approvisionnement et les réparations, je n’aurais pas eu de temps pour profiter de Gibraltar. Ce n’est que partie remise pour mon prochain passage cet automne, à moins qu’on choisisse de faire arrêt a Tanger pour explorer le Maroc. 

Jayana bien installé à Gibraltar
Plaza achanlandée vue lors de notre visite de quelques minutes
Somptueux festin de sushis le soir avant le départ

Un départ sans encombres

Quand je me suis réveillé en pleine nuit, c’était pour visualiser toutes mes options pour extirper Jayana de son quai et anticiper les conséquences pour chacune d’entres elle: Comment sera le vent?  Aurons-nous de l’assistance d’un bateau? Est-ce que quelqu’un peut nous aider avec les amarres? Finalement j’ai été fixé assez rapidement: nous sommes samedi et je ne peux avoir de l’aide que d’une personne pour nos amarres. Heureusement, il n’y a aucun vent pour compliquer la manœuvre. 

On peut voir derrière Jayana le quai à diesel qui est notre objectif après s’être extirpé du quai.

J’exécute alors les étapes que j’ai maintes fois répétés pendant la nuit: je descend l’annexe pour la mettre à l’eau, j’attache une amarre au taquet bâbord arrière, je pars le moteur pour le préchauffer une dizaine de minutes, on enlève toutes les amarres de Jayana à l’exception des taquets 2 & 4 qui deviennent des pointes au quai. Le moteur de Jayana est démarré et on s’assure que la marche avant et le propulseur d’étrave fonctionnent comme prévu. Le préposé de la marina relâche les amarres et j’utilise le moteur de l’annexe en marche arrière pour tracter Jayana. 

Il y a beaucoup d’inertie, mais ça fonctionne. Benoît gagne en manœuvrabilité dès qu’on atteint 2 noeuds. 250’ plus loin, Benoit donne une impulsion en marche avant et peut ainsi faire une approche conventionnelle au quai pour aller faire le plein des réservoirs de diesel. Une heure plus tard, Jayana repart avec 800 litres de diesel et une facture plutôt salée. Je me conforte dans en me disant que c’est l’endroit le moins coûteux en Méditerranée pour les achats en carburant…

Il est fascinant ce gros rocher de Gibraltar. Je ne me lasse jamais de voir cette forme si caractéristique de la mer. Comme on le contourne, je peux l’admirer sous presque tous les angles. Notre première journée de cette traversée sera calme car le vent n’est pas de la partie. Nous devons progresser à moteur dans une forte houle et qui rend le confort à bord plutôt nul. 

On se fait projeter dans tous les sens et aller aux toilettes demeure une expédition périlleuse. C’est dans ces moments que nous avons besoin de réconfort… Pour notre apéro quotidien, j’ai décidé de préparer un brie fondant aux noix caramélisées et au canneberge. C’est mauvais pour la ligne, mais tellement savoureux et réconfortant!

Jour 2: Le Monstre

Aujourd’hui à compter de midi, le vent sera idéal pour ma voile préférée: le Parasailor. C’est un gros spinnaker avec une aile de parapente qui permet d’éliminer les manipulations d’un tangon. Depuis que je l’ai, j’entretiens une relation amour-haine avec cette voile: elle est superbe et les séquences que je filme avec le drone sont tout simplement époustouflantes. Cependant, j’ai eu bien des malheurs avec cette voile et elle exige des efforts surhumains pour maîtriser 207 mètres carrés de guenille quand les choses tournent mal. Voilà pourquoi elle porte bien son nom: le Monstre de Jayana. 

Benoit n’avait jamais vu une telle voile en action et le moment était tout indiqué pour l’initier. Après la préparation des cordages, une étape qui requiert presqu’une heure, le Monstres est enfin en liberté. Le bateau file à vive allure et reste extrêmement stable au portant grâce à ce gros ballon en tête de mât. On passe près des côtes espagnoles et j’en profite pour partager mon bonheur et quelques photos de notre belle voile à quelques amis via mon téléphone. Comme je dis à Benoît, je suis dans l’apothéose de ma vie de marin quand le Monstre est en liberté. 

Au coucher du soleil, un catamaran de 50 pieds avec un spinnaker nous prend en chasse. Deux bateaux à la même allure engendrent habituellement une course informelle, même si je sais que je n’ai aucune chance contre un catamaran au portant avec 2x la ligne de flottaison. (La vitesse maximale d’un bateau à déplacement d’eau est uniquement proportionnelle à la longueur de sa ligne de flottaison. Donc en théorie, un catamaran peut être 2x plus vite qu’un monocoque de même longueur). 

Alors que les deux bateaux s’enfoncent dans la pénombre, Jayana tient tête et conserve son avance. Ils réussissent à grappiller les miles au fil des heures, mais on leur offre un sérieux défi de venir nous rattraper. 

Le vent nous porte à 18 noeuds, rafales à 22. Le vent apparent dans la voile reste à environ 12 noeuds et notre stratégie est de l’affaler si le vent monte à 16 noeuds dans la voile. Je l’observe en permanence pour que tout se déroule bien. Vers 3:00 am, le vent faibli et je me dit que le pire est derrière nous. Le reste des prévisions indiquent une journée fabuleuse de voile avec 15 noeuds pour les prochains 14 heures. On aurait dû faire un changement de quart mais je laisse Benoit dormir pour l’aider à récupérer. 

Catastrophe à bord. 

Tout allait trop bien. Une heure plus tard, le vent remonte… Il passe de 16, 18, 22, puis 25 (15 noeuds de vent apparent dans la voile) Est-ce une rafale passagère seulement? Je me prépare à soulager la voile alors qu’une deuxième rafale nous frappe. J’entends le bruit familier d’une déchirure. Je me précipite en bas pour demander à Benoit de se préparer à sortir sur le pont. Je place la grande-voile dans un axe pour nous offrir un abri contre le vent dans nos manœuvres et je me rend en avant pour me préparer à rentrer le Monstre dans son sac. C’est avec horreur que j’aperçois que des cordelettes de l’aile de parapente se sont nouées autour du radar. De plus, avec la déchirure, la toile s’est enroulée sur elle-même et je suis incapable de descendre la chaussette, qui permettrait de limiter les dégâts dans la portion supérieure de la voile. Avec l’aide de toute mes forces et de tout mon poids, je n’y arrive pas. 

La fatigue est bien installée et l’obscurité nous empêche de considérer certaines manœuvres. Je regarde impuissant le spectacle qui s’offre à moi. Le Monstre est mal en point et souffre des assauts du vent. Les vagues se mettent de la partie et l’envoie choir sur le mât et les barres de flèches. Benoit est à court d’idées lui aussi. On décide  de ne rien entreprendre avant les lueurs du jour, ce qui nous permettra de mieux voir l’ampleur des dégâts et trouver une stratégie.  J’en profite pour gagner ma cabine pour et récupérer un peu de sommeil. 

7:00. Le spectacle du hublot de ma cabine est d’une tristesse sans nom. Ma voile préférée, d’une valeur d’une petite voiture, est en lambeaux. Je ne sais pas si un maître voilier pourra la recomposer, mais je dois au moins tenter de la descendre sur le pont. J’ai réfléchi à mon plan et je vais d’abord descendre la drisse et la tête de la voile sur le pont. La voile fera un portefeuille à cause des filaments qui sont empêtrés dans le radar à la mi-mat. Il faudra ensuite monter dans le mât, malgré les vagues de 6-10 pieds aux 4 secondes, pour libérer complètement la voile et la faire tomber sur le pont. 

Monter dans un mât dans une mer formée est une opération périlleuse. Mon ami Claude a perdu une connaissance, qui s’est fracassé le crâne, dans une ascension en mer. L’amplitude du mouvement est amplifié par la hauteur du grimpeur et il faut s’agripper de toutes ses forces pour ne pas être catapulté au bout de la drisse. 

J’opte pour ma chaise d’escalade ATN pour monter. Je serai ainsi collé au mât avec un minimum de risques. Cependant, mon ascension et ma descente exigeront un effort physique car les winches ne peuvent pas être utilisés. Benoit me tend mon couteau multi-usage pour la tâche. Il se poste sous moi, pour recevoir la voile quand elle tombera. Ma progression est lente et laborieuse. Parfois, je perd le contrôle et les vagues me projettent dans une rotation rapide de 180 degrés autour du mât. Les risques d’accidents sont grands et j’en suis conscient. Je dois progresser lentement, en agrippant fermement cordages, voile et mât pour me tenir en place solidement. 

Rendu au radar, je constate que la voile est trop lourde et il me sera impossible de passer les cordelettes au dessus du radar pour libérer la voile. J’empoigne mon couteau et tranche les 5 cordes de kevlar qui sont grandement responsable de la cascade des problèmes. La voile tombe, ô malheur, dans l’eau. Benoit peine à la rapatrier car elle s’emplit d’eau et devient une ancre flottante avec le risque de se prendre dans les safrans. Mais pour l’instant, ma priorité est seulement de redescendre du mât, opération qui me demande deux fois plus de force que l’ascension, pour regagner le pont du bateau. 

Épuisé, mais déterminé à récupérer la voile, je me poste à l’arrière du bateau pour mieux voir la longueur de la voile qui traîne à l’eau. Heureusement, ça ne dépasse pas le bateau mais c’est la pire portion de la voile: l’aile de parapente orange. Elle emmagasine tellement d’eau que Jayana est freiné à 2 noeuds de vitesse à peine, malgré le vent qui souffle à 20 noeuds. Je m’aide de notre gaffe (un long crochet que l’on utilise pour les manœuvre d’amarrage) pour saisir un bout de la voile dans l’eau. Déployant toutes mes forces et quelques ruses (en utilisant des cordages pour sécuriser les portions de voile extirpés de l’océan), je parvins à remonter tout ce qui était à l’eau avec l’aide de Benoit. 

Enfin, la voile est sur le pont. Je suis vidé et exténué. Mais ce n’est pas fini car il faut aussi ranger ce tas de guenilles dans son sac de rangement. On y parvient au bout d’un moment. On regarde l’heure: ça fait 2:30 qu’on travaille à la limite de nos capacités physiques. Le Monstre a été encore une fois fidèle à sa réputation et ils nous en a fait bavé. La première fois, c’est la drisse qui avait lâché et il était tombé complètement dans l’eau. C’était dans la traversée de l’Atlantique de 2015.

Je ne sais pas si je pourrai récupérer cette voile. J’ai constaté un très grand nombre de déchirures. Je suis consterné, dégoûté et frustré. Ça m’a pris quelques heures pour accepter que j’ai fait l’erreur stupide de le garder à poste avec des risques de rafales de plus de 25 noeuds. C’est une erreur coûteuse qui entraîne des conséquences importantes pour la suite du voyage. Le Monstre était notre seule voile pour naviguer avec le vent. Comment vas-t’en faire pour traverser l’Atlantique en novembre? 

Benoit est allé se coucher pendant mes réflexions. Les larmes se sont mises à rouler sur mes joues. La frustration a laissé place à la résignation et au découragement. J’observe l’océan et dit à Neptune que j’étais mieux l’an dernier en voyageant avec notre Mercedes Sprinter Orca dans les Rocheuses. J’ai l’impression de me mettre dans la misère. Peut-être que ce n’était pas une bonne idée de vouloir repartir avec Jayana?  Mon goût de l’aventure sur l’eau est sérieusement ébranlé avec un tel épisode, qui culmine un mois difficile.  

À peine ai-je terminé de lui adresser mes réflexion qu’un aileron attire mon attention à l’avant du bateau.

«Bah, encore un groupe de dauphin qui vient s’amuser dans l’étrave quelques minutes.» me dis-je.

Mais ceux-ci font des bonds hors de l’eau, exécutent des vrilles mais surtout, ne me quittent pas. J’observe leurs jeux depuis le cockpit mais la curiosité l’emporte à un certain moment. Je m’aventure à l’étrave pour aller les observer. Ils sont six et souvent, se retournent sur le côté pour m’observer en passant sous la proue. Je suis resté là une vingtaine de minutes, observateur de cette rencontre entre le monde marin et Jayana. La joie de vivre que ces dauphins me partageaient était palpable et à l’antipode de mon ressenti de déprime et découragement. Jamais des dauphins étaient restés aussi longtemps. Quand nous nous sommes salués une dernière fois, j’allais un peu mieux. Est-ce que Neptune aurait eu pitié de moi? 

J’écris ces derniers mots quand Benoit me rejoint, tout heureux d’avoir eu une belle sieste. On reparle un peu des événements du matin et je m’effondre en larmes.

*** Quelques heures plus tard ***

Nous sommes à moteur par une belle journée ensoleillé. Le froid et l’humidité ne se font plus ressentir autant et notre apéro quotidien de 16h en est d’autant plus agréable. Les falaises d’Ibiza commencent à poindre à l’horizon et nous attendons comme des ados le moment que le signal cellulaire sera assez fort pour communiquer avec le monde extérieur. Par contre, le désir de cuisiner un somptueux repas n’y est pas, on se rabat sur les repas congelés qui sont encore dans le frigo.

***

Bien que nous ayons réservé une marina à Mallorca, nous savons que notre arrivée est un peu trop tôt et que nous devrons patienter à l’extérieur du port abrité. Cela ne nous importe peu, une petite sieste à se faire bercer au gré des vagues est un luxe agréable après une traversée. L’approche de Mallorca signifie que l’appel de notre lit est proche et c’est avec la plus grande joie que nous rangeons les voiles et préparons l’ancre. Je place le bateau à un endroit qui me parait parfait et j’appuie sur mon bouton pour descendre l’ancre. Elle parcours environ 5 pieds et s’arrête. Elle a à peine effleuré la surface de l’eau! Le bouton ne marche plus. On essaie celui de la télécommande: pas de succès. La méthode du reboot elle aussi est infructueuse. Nous avons la coupe aux lèvres pour atteindre notre lit et siester et Jayana ne nous laisse pas tranquille une seconde.

J’examine le moteur du guideau et j’observe beaucoup de rouille sur les terminaux électrique. Il faut savoir que j’ai remplacé ce moteur en 2019 de façon préventive et il n’a fonctionné 4-5 fois car les mouillages sont rares aux Açores. Je défais chaque connection, nettoie le tout et rebranche avec l’espoir de corriger le problème, sans succès. J’en ai assez des problèmes et j’écris à la marina pour leur dire que je suis prêt à payer une nuit supplémentaire s’ils acceptent de me prendre sur-le-champ au lieu d’attendre à midi, leur heure de check-in. Enfin une bonne nouvelles, ils acceptent.

Les préparatifs pour l’arrivée sont installés (amarres, défenses) et je rentre à la marina avec ma nervosité. Sans marche arrière, je me sens handicapé dans mes manoeuvres. J’informe la marina de ma situation précaire et on me promet de m’envoyer les marineros. J’ai dû faire plusieurs tours avant de finalement recevoir leur aide, mais ils ont pris le contrôle du voilier et l’ont stationné sans encombres avec deux zodiacs qui travaillaient de concert. Enfin! Nous sommes à Palma!!!! Et j’espère pouvoir réparer plusieurs systèmes en étant ici dont les plus critiques pour ma sécurité. Je dois patienter jusqu’au 29-30 mai pour ma prochaine fenêtre météo avant d’entamer une traversée en solitaire de 36 heures qui m’amènera au sud de la France. Cette dernière va conclure ce grand déplacement de Jayana à son point de réparation et de remise à neuf en prévision de notre grand voyage en famille.

À suivre…

5 Commentaires

  1. Commentaire par Miguel

    Miguel 25 mai 2022 at 4:33 pm

    Salut Sylvain

    J’ai commencé à lire . La suite d’une transverse

    Simplement WoW!!!

  2. Commentaire par Annick

    Annick 25 mai 2022 at 8:39 pm

    Début difficile,mais en voilier il y a toujours des imprévus. Te connaissant,tu vas y arriver. Prends soin de toi. Bonne navigation.
    Annick (La smala)

  3. Commentaire par Petra

    Petra 28 mai 2022 at 1:03 am

    J’ai li votre récit avec un plus grand intérêt. Nous sommes sur le bateau New Vision dans les Baléares présentement. Nous connaissons Benoît. Je connais tellement cette frustration quand les avaries arrivent et ne finissent plus….Mais pour nous la conclusion est d’avancer et vivre sur l’eau.
    Petra, Robert
    New Vision

  4. Commentaire par Lise

    Lise 30 mai 2022 at 7:18 pm

    J’ai mis du temps à me calmer devant autant d’imprévus, aujourd’hui je visualise la grande force physique dont tu as fait preuve jusqu’au bout, accompagnée de ta détermination jusqu’aux larmes. 😭 Reçois ma plus grande admiration, très cher Sylvain !
    Benoît, vaillant coéquipier tu l’auras dans la mémoire longtemps cette traversée aux inattendus illimités. Reçois aussi mon admiration d’avoir si bien accompagné Sylvain dans les pires et bons moments de ce voyage en mer.
    Merci pour ce récit, maintenant prends un peu de temps pour rééquilibrer tes forces physiques et psychologiques avec des bons soins que tu peux recevoir sur place.

  5. Commentaire par Silvie

    Silvie 31 mai 2022 at 8:35 am

    Cher Sylvain,
    Même si Jayana est un voilier d’exception, après 3 ans à l’arrêt, c’est comme s’il avait vieillit de dix ans… La mer est cruelle, surtout pour un bateau amarré… Je te trouve très très courageux d’entreprendre cet autre voyage et j’éprouve beaucoup de compassion à te lire…. Cela me fait revivre des moments oubliés et je réalise à quel point il faut être fort pour se battre contre les vents et tenir le cap pour se rendre à bon port… Je souhaite que le reste de la traversée soit plus douce que cette première partie mais j’en doute… Le dégradement de la planète rend la météo imprévisible et cela me rempli d’inquiétude à ton sujet… Moi aussi je vais prier pour te garder en santé et toujours aussi grand !

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