Un coup de vent

3 octobre 2015

L’automne approche et tous les signes de son arrivée imminente se manifestent. Le froid et le vent qui fraîchit sont deux éléments qui diminuent notre qualité de vie à bord. Il faut donc remplacer la baignade par des randonnées terrestre et insérer le plus d’école possible dans nos journées pour avoir le sentiment d’accomplir quelque chose d’utile. Le bateau commence à nous démontrer qu’il a besoin d’amour avec quelques systèmes qui commencent à défaillir, comme le watermaker. Les  jours passent et on commence à s’imaginer comfortable dans un grand lit douillet et stable. La préparation psychologique du retour s’opère donc un peu plus à chaque jour…

Coupdevent

Nos jours sont désormais comptés à Minorque dans les Baléares et nous commençons à analyser la météo pour prendre la prochaine fenêtre météo qui nous permettra de se rendre au sud de la France. Nous nous sommes positionnés sur la côte ouest de Minorque, près de la ville de Ciutadella. C’est l’ancienne capitale et la 2e ville en importance de Minorque. Évidemment, pourquoi pas en profiter pour déambuler dans les petites rues de cette charmante ville?

Au lieu d’une accalmie de vents et de vagues, la météo prévoyait un système dépressionnaire qui nous apporterait des vents de 35 nœuds avec des rafales à 50. (x1.8 pour obtenir en km/h). Les vents ont tourbillonnés dans les jours précédents, ce qui limitait passablement le choix de baie sans vagues. J’ai opté pour une cala minuscule, avec deux lignes attachant la poupe du bateau à la rive.

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Dès que le vent s’est véritablement levé, ces deux amarres se sont rompues. Heureusement, la même chose est arrivé au voilier voisin, ce qui a rendu nos deux bateaux mobiles sur leurs ancres. Jayana n’est pas très confortable par vent fort à l’ancre, car le bateau trace des ‘S’ dans l’eau au bout de la chaine. En anglais, ils utilisent la phrase: “ride at anchor” et ça ressemble à peu près à cela!

Pendant la nuit, une partie du bimini a été arraché par le vent. Vers 2am, je n’en pouvais plus de veiller sous la pluie et le froid. J’ai décidé de profiter d’une accalmie entre deux rafales pour lever l’ancre et me rendre au sud de l’île. En sortant de la cala, nous avons traversé des vagues de 8′. Heureusement, ce n’était pas bien long (30 minutes) avant de passer une pointe et une demi-heure plus tard, l’ancre tombait dans une grande baie peu profonde. J’ai installé une 2e ancre pour stabiliser le bateau et rangé le bordel qu’est devenu la grande voile lorsque les sangles se sont détachés lorsque nous étions vent arrière…

Le pire, c’est quand on se couche à 5am et que les enfants se lèvent à 8am plein d’énergie!

Le lendemain, on voulait faire une petite journée tranquille… Après une matinée consacrée aux travaux d’école et aux réparations des bris de la veille (dont riveter une poulie du lazy jack sur la haute barre de flèche), on s’est rendu sur la plage pour un pique-nique. C’était parfait de s’absenter du bateau car le vent tournait au large et les vagues commençaient à entrer dans la baie. On pouvait donc diner tranquillement en regardant le bateau se faire brasser au loin.

Vers 14h, il faillait rentrer pour trouver un nouvel endroit où on serait bien à l’abri des vague. Après avoir laissé mon équipage sur Jayana, je suis parti avec l’annexe pour récupérer ma 2e ancre et c’est à ce moment que j’ai vécu mon pire moment du voyage. Le moteur de mon annexe a calé et j’ai été incapable de le repartir. Les vagues et le vent me poussaient sur la berge et je n’ai eu d’autre choix que de renvoyer l’ancre (une spade de 20 kg) pour arrêter ma dérive. À ma grande surprise, l’ancre n’accrochait pas et je poursuivais ma dérive sur le corail! Évidemment, à une certaine distance de la berge, les vagues cassaient et j’ai failli être retourné par deux vagues. Le dinghy plein d’eau, à la dérive vers le corail, je devais me désigner à m’échouer et à probablement finir avec une épave transpercé par le corail.

Alors que des dizaines de passants marchaient sur les berges en me regardant comme un idiot en poursuivant leur chemin, une âme charitable a compris que j’avais une panne et a offert son aide. Je lui ai lancé un cordage en lui disant de me tirer vers la plage de de sable. Il a obtempéré et grâce à lui, mon annexe a subi un minimum de dommage. Cela ne m’a pas empêché de me retrouver avec une baignoire (elle était PLEINE d’eau), mais au moins j’étais sur la terre ferme. Quand j’ai jeté un oeil sur Jayana, tout l’équipage était sur le pont et ne savait pas trop quoi faire… Moi non plus d’ailleurs!

Après vidé l’eau, j’ai eu la surprise de voir Jesse nager vers la berge, affrontant les vagues! Elle apportait une VHF qui n’avait plus de batterie… Enfin, on élaboré un plan pour ramener l’annexe au bateau. En attachant tous les cordages, j’avais suffisamment de bouts pour relier le bateau à la plage pour remorquer le dinghy. Jesse est donc retourné à la nage sur Jayana pour donner les consignes à Sounda. Lorsque tout fut prêt, elle est revenue et le plan était de pousser à deux le dinghy vers Jayana, l’attacher au cordage et le remorquer sur Jayana. Avant de me mettre à nager (avec une certaine inquiétude car je n’avais plus aucune force!), j’ai décidé de tenter une ultime tentative de partir le moteur… …qui s’est mis à ronronner! Il était tout simplement noyé par mon carburateur encrassé! En vitesse, nous avons monté dans l’annexe et j’ai pu ramener l’annexe tout juste à côté de Jayana avant que le moteur étouffe à nouveau. Ouf! C’était moins une…

Évidement, la recherche d’une baie calme s’est éternisé… Tous les endroits à l’ouest de l’île était houleux et ça aurait été impossible de dormir. Après avoir arpenté la côte ouest dans son ensemble, notre ancre a touché le fond à Cala Morell vers minuit. Une baie qui s’est avéré magnifique pour attendre notre fenêtre météo pour notre dernière navigation.

 

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Maël, après avoir vu Jesse-Clare monter dans le mât quelques jours auparavant, voulait faire de même…

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Lohan a migré de la poussette au sac de transport!

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Ils  ont l’air intelligent, ma gang de joyeux lurons… Maël tient dans ses mains un Travel Bug que nous avons trouvé dans une géocache aux Açores. Il provient d’un enfant qui rêve de voyager suite à sa rémission d’un cancer.

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La 2e ville en importance (et sûrement la plus belle!) de Minorque: Ciutadella.

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Ce n’est pas une rivière, mais bel et bien une baie (cala) très longue et étroite.

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Les enfants renouent avec le bonheur de trottiner.

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Sounda, est-ce que tu es heureuse d’être en Europe?

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Une créatrice à l’oeuvre: selfie dans le miroir avec un bras imitant un cygne (ou est-ce une moitié de pose égyptienne?)

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Le sérieux de l’équipage dans l’église de Ciutadella.

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La maison des prêtres.

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Une statue qui représente l’agneau pascal, un symbole chrétien…

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Notre «stationnement» à Ciutadella comporte la pus belle échelle du voyage.

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Jesse-Clare est ravi par cette escale terrestre.

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Bien attaché à terre, je croyais à tord que nous allions pouvoir affronter le mauvais temps de la sorte.

 

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Jayana et son (petit) voisin, qui sera en sandwich entre nous et la falaise pendant le mauvais temps.

 

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Une excursion à terre bien méritée après une nuit blanche et les réparations qui s’imposaient après les dégâts de la veille.

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Un grain avec pluie et orages passe tout près de nous…

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Un petit repos bien apprécié du capitaine!

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Si vous avez besoin d’un épouvantail sur votre terrain, Lohan est excellent et son tarif est abordable!

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Cala Morell: on a vaguement l’impression d’être débarqué sur Mars.

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Dernière séance à patauger. Les wet suits sont de mise et c’est quand même assez froid…

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