León: des hauts et des bas

29 janvier 2016

Notre hôtel à León est le Flor de Sarta. Les propriétaires, Benjamins et Sandrine, sont absolument exceptionnels. Ils avaient entrepris de trouver le meilleur médecin pour Papy à notre arrivée et leur générosité a été sans bornes. Ils ont pris plusieurs heures de leur temps pour servir d’interprètes auprès des infirmières et des médecins, ont facilités les démarches en tous genres et généralement, nous consacraient une à plusieurs heures à chaque jour. Malheureusement, ce fut l’hécatombe à l’hôtel pendant notre séjour. D’abord Papy qui entre à l’hôpital, puis Lohan qui attrape une gastro, puis nos voisines qui passent une soirée à l’urgence à cause d’un empoisonnement aux insecticides, puis un québécois épris d’une bronchite qui a viré en pneumonie, puis à Maël qui a achoppé un parasite dans le système digestif, puis moi qui recommencé des antibiotiques à cause de difficultés respiratoire et finalement, au propriétaire de l’hôtel qui s’est levé avec le dos couvert de rougeurs inconnues.

Notre première nuit à León fut plutôt mouvementée. Lohan a ouvert le bal avec un gros vomit pendant son sommeil… Le temps débarrasser un peu les grumeaux et de le réinstaller la tête au pied du lit, voilà qu’il se remet à vomir par terre. Il est fiévreux, mais heureusement, réussi à se rendormir facilement. Ensuite les enfants, à tour de rôle, me réveillent, car ils ont peur ou besoin d’aide pour aller à la toilette. Avec une pareille nuit, pas question de s’exciter le lendemain! J’élabore un petit programme pépère pendant que Sounda part pour la journée s’occuper de son papa. J’amène les enfants et nous déambulons tranquillement jusqu’à la place centrale où la course aux pigeons est leur sport national.

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Pour nous trouver une collation, nous gagnons le marché où les enfants sont un peu horrifiés des présentations ou de certaines personnes âgées… C’est un beau moment pour leur souligner les différences qui existent dans le monde. C’est important de ne pas juger, mais d’apprécier ce qu’on peut apprendre des différences. Les étalages ne sont pas ragoûtants, mais tout ce qui est présenté est frais et a été fait à la main, sans produits chimiques. Les gens âgés sont ridés et édentés, mais leurs sourires et leurs yeux ricaneurs sont les signes d’une belle personnalité remplie de bonté.

Excursions des 2 prochains jours

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21 janvier (trajet en rouge)

Nous retrouvons notre guide préféré, Marcos, pour une journée en bordure du Pacifique. Nous nous rendons à Las Penitas pour embarquer dans une barque qui nous conduira au coeur de la mangrove. Un bras de mer d’une vingtaine de kilomètres de long a créé un écosystème unique pour observer toute sorte d’animaux. Un guide passionné nous explique qu’il replante bénévolement des plants de mangroves pour compenser les pertes causées par les ouragans.

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Nous faisons un arrêt pour nous rendre jusqu’à une plage et constater les efforts qu’ils font pour aider les populations de tortues. Nous avons eu la chance inouïe de visiter le site le jour même de l’éclosion d’un groupe d’oeufs et ainsi, être témoin des premières 24 heures de la vie d’une tortue. Saviez-vous que ce premier jour est passé à être enfouie dans le sable à manger les éléments nutritifs de l’oeuf? Cette énergie lui servira pour survivre pendant ses premiers jours de vie aquatique.

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De retour de cette belle excursion, nous avons terminé cette journée par une première baignade dans le Pacifique. Quel ne fut pas notre bonheur de constater à quel point l’eau était chaude!

22 janvier  (trajet en bleu)

Cette troisième nuit a León a été celle où Maël a vomit à plusieurs reprises pendant la nuit. Ses déboires ont continué dans la matinée avec une diarrhée persistante. Nous devions aller en famille pour monter sur le volcan Cerro Negro mais finalement, c’est préférable que je parte seulement avec Lohan. Marcos nous rejoint à l’hôtel et après une heure d’autobus, nous arrivons au camp de base. Lohan est bien impressionné par des serpents en cage. La plupart sont des boas constrictor en pension, car ils ont mordu des gens. Leur morsure est inoffensive, mais ils ne prennent pas de chances avec la quantité de touristes qui visitent l’endroit. Lohan a été témoin de l’agressivité du dernier pensionnaire arrivé le matin même: après avoir hissé abondamment lorsqu’on passait près de sa cage, il a tenté une attaque foudroyante et a été arrêté par les barreaux de sa cage. Lohan a sursauté (et moi aussi) devant la rapidité de la bête!

Quand j’ai regardé le sommet de la montagne à 2388′ et ensuite mon petit Lohan de 3′, j’ai commencé à avoir des doutes sur sa capacité à réussir son expédition. J’étais quand même armé d’un suçon et quelques bonbons au miel en guise de motivation. C’était non seulement un défi pour lui, mais aussi pour moi. Mon orgueil sera mis à rude épreuve, car je savais que je devrais faire une partie de la montée avec ce poids de 45 livres sur mes épaules. Et le métier de papa que j’exerce n’est pas tout à fait propice à l’exercice et au maintien de la forme…

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Bon an mal an, au gré des rires et des pleurs, nous avons réussi l’épreuve. J’étais réellement fier de pouvoir être là, à contempler les alentours du haut de ce volcan avec lui. On voyait une chaîne de montagnes au nord, le pacifique à l’ouest, les fumées sulfureuses en bas et le lac Managua au sud. Deux groupes de jeunes dans la vingtaine nous ont dépassés, haletants, pendant notre ascension. Ils montaient avec leur luge de sable et se préparaient à faire une descente mémorable (et un peu dangereuse) de la face sablonneuse du volcan. Ils étaient un peu surpris de voir un si petit faire le même trajet qu’eux!

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Le moment fort de cette journée fut la descente du côté sablonneux du volcan. La pente très raide nous permettait de bondir et de prendre rapidement de la vitesse. Freiner la descende était une expérience cocasse, car la seule chose que nous savions, c’est que ça allait finir dans un nuage de poussière. On a donc terminé pieds devants, tête devant, en culbute et dans toutes les autres positions intermédiaires. On a tellement ri lors de cette descente que ce fut mon plus beau moment de notre voyage au Nicaragua.

Descente Lohan

Pendant ce temps, Maël voyait un médecin à l’hôtel. Il a prescrit une analyse de selles qui a révélé la présence d’un parasite dans son système digestif. Il a été mis sous médication pour éradiquer cet intrus.

En fin de journée, Sounda me raconte que son père est un peu exaspéré. Le médecin qui le soigne l’aime beaucoup et lui témoigne d’énormément d’affection. Un peu trop même. Il lui replace les cheveux mal placés, sèche ses larmes, veille à ce que son nez soit bien mouché. Le lendemain matin, il s’assurera même de la propreté dans les moindre recoins de son corps… Quel service attentionné et dévoué de la part d’un médecin!!!

23 janvier

Ce matin, c’est le jour de notre séparation. Je pars avec les enfants pendant que Sounda reste à León avec son papa. Avant le départ, nous faisons un arrêt à l’hôpital pour voir Papy, que moi et les enfants n’avons pas vu depuis 4 jours. Il est plutôt mal en point, parle très bas et le moindre geste lui demande un gros effort. Maël et Lohan lui font des ‘aux revoirs’ émouvants et chaleureux. Nous prenons ensuite congé pour nous rendre aux abords du volcan Masaya. C’est probablement le volcan  actif le plus accessible, car la route nous mène jusqu’aux abords de la caldera. De là, on peut clairement voir (et respirer) le nuage de dioxyde de soufre qui s’échappe des cheminées. La géologie de l’endroit est fascinante et j’aurais bien aimé y rester plus longtemps, mais les estomacs vides de mes petits loups ont écourté notre visite à cet endroit hors du commun.

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Nous avons regagné Granada et par hasard, nous sommes arrivés la journée d’un spectacle annuel organisé par… un québécois! Cracheurs de feu, danseurs, musiciens et marijuana étaient sur place pour le plus grand bonheur des jeunes adultes (locaux et touristes). Mais ce qui a été le plus apprécié des enfants fut deux petits avions en papier… Comme quoi le bonheur est fait de petits riens…

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À propos de Papy Jean

Après avoir atteint un autre creux lors de notre arrivé à Granada, la santé de Papy s’est mis à se stabiliser, puis à s’améliorer. Sounda était en contact avec des amis médecins et spécialistes au Québec, qui lui ont permis de veiller à sa santé et à son confort à chaque instant. Elle a coordonné son rapatriement au Canada avec les assurances, qui ont envoyé un infirmier pour l’escorter jusqu’à l’hôpital Pierre-Boucher à Longueuil. Il y séjourne toujours au moment d’écrire ces lignes.

Perle de sagesse  

“Chaque fois qu’on mange ou boit quelque chose, on joue à la roulette russe: ça passe ou ça chiasse!” – Sounda

5 Commentaires

  1. Commentaire par Lise et André

    Lise et André 30 janvier 2016 at 5:42 pm

    Je vous trouve courageux de faire ces excursions. J’ai hâte de vous revoir. Lise et André

  2. Commentaire par Melanie

    Melanie 6 février 2016 at 5:03 pm

    Ouff. Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort.

    • Commentaire par Sylvain

      Sylvain 8 février 2016 at 6:44 pm

      Effectivement! Au moins, la santé est excellente depuis… On peut donc davantage savourer les moments et les escales.

  3. Commentaire par Marcos

    Marcos 9 février 2016 at 12:53 pm

    Ouf. Ce blog il est top. Merci bcp pour partager ces moments.
    Bien à vous.

    Votre guide Marcos.

    • Commentaire par Sylvain

      Sylvain 9 février 2016 at 3:40 pm

      Merci beaucoup Marcos! Tu es un guide exceptionnel et j’espère bien que tu nous rendras visite lors de ton prochain séjour au Canada!

Commentaires fermés

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